| Halte à la dérive dans les écoles! |
| Écrit par Masseck SECK | ||||||
| 06-06-2008 | ||||||
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Dans quelle école sommes-nous? La question interpelle tout le monde et requiert des réponses ici et maintenant! Que les enseignants boudent les salles de cours durant des semaines voire des mois, c'est leur droit reconnu et garanti par la charte fondamentale du pays! Que les élèves et les étudiants battent le maccadam ou défient les administrations scolaires pour de meilleures conditions, c'est légitime. C'est même réconfortant pour une société démocratique où l'école, en véritable conservatoire de la démocratie,est d'abord et surtout un lieu où se transmettent et s'expérimentent les valeurs démocratiques, se créent de nouvelles interprétations, exactement comme dans un conservatoire de musique. Sous ce rapport les luttes syndicales des professionnels de la craie et de leurs alliés naturels, les apprenants,sont normales. Elles sont ou doivent être l'expression concrète de leur citoyenneté dans la participation aux responsabilités et le partage des pouvoirs. Par contre il y a des choses qu'une telle école ne devrait pas accepter. Des enseignants qui convolent avec leurs apprenantes! Certaines enceintes de leurs maîtres! A Kolda,au sud du Sénégal, le président du tribunal attribue 50% des grossesses de scolaires à leurs professeurs. A Dahra Djolof et à Linguère le phénomène gagne en ampleur d'année en année.Plus grave des notes de complaisance attribuées afin de satisfaire ses instincts auprès d'elles! Des indiscrétions sur les sujets des épreuves de composition et de contrôle continu! Fuites aux examens et aux évaluations semestrielles dans les lycées et collèges.Des détournements d'argent ou des dépenses gabégiques au sein des foyers socico-éducatifs dans l'indifférence des administrateurs scolaires au moment où ces établissements manquent de certains intrants de qualité! Certes, cet espace de libertés , l'Ecole, la société doit la protéger;elle doit jouir d"un certain jeu et être un peu en avance sur le reste de la société.Mais ce qui se passe dans l'espace scolaire est aux antipodes de nos valeurs culturelles, morales et religieuses. L'éthique et la déontologie imposent aux maîtres une tenue: sans vouloir en faire des moines vertueux, ils ne doivent pas non plus se considérer comme le commun des sénégalais qui n'hésite pas à tricher et à valider les dérives.Leurs responsabilités enjambent la simple transmission de connaisances: ils ont l'insigne honneur et le redoutable privilège de former le citoyen, de favoriser l'émergence d'une culture de la participation, de dialogue, de respect des valeurs et de nos cultures, d'ouverture. Les familles ont également une responsabilité: il leur incombe au premier chef les fonctions de socialisation et de reproduction de nos cultures, de protection de leurs progénitures contre les tentations et les déviances d'une société en mutations rapides. Les autorités scolaires et gouvernementales doivent s'assumer, étant entendu qu'elles ont compétence à assainir l'espace scolaire afin qu'il réponde aux attentes de tous et toutes. La grève des enseignants de l'intersyndicale ne doit pas être l'arbre qui cache la forêt
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